J’ai été particulièrement interpellé par cette lecture, car j’ai bien connu André Martin lorsqu’il était à Montréal en 1966-67 pour réaliser ses deux films sur la télévision, à l’ONF (La télévision est là et Image que me veux-tu ?), et pour faire la recherche sur les origines du «animated cartoon» américain en vue de la Rétrospective internationale du cinéma d’animation organisé par la Cinémathèque québécoise (alors canadienne), en 1968. Je siégeais sur le comité organisateur de cet événement et mois après mois, j’ai assisté aux «cours» de Martin sur l’histoire du «cartoon». Je l’ai donc connu au moment même de la désillusion exprimée dans l’entrevue de 1968 et j’ai pu la constater de première main avant même ma première présence au Festival d’Annecy en 1967 qui en a étémarquée. Mais il reste que c’est la grande mouvance du cinéma d’animation que Martin avait animé et théorisé 10,15 ans plus tôt qui m’avait attiré vers le cinéma d’animation. Je ne me rendais pas alors totalement compte de l'importance de son rôle.. Également le fait d’avoir rencontré Norman McLaren et d’avoir été soutenu par lui en 1962, McLaren que Martin considérait comme le prophète inégalé du cinéma à venir. C’est également sous l’influence de Martin que je me suis intéressé aux ordinateurs pour la première fois en 1968 (pour Around Perception). Ça je ne m’en suis souvenu qu'en lisant ses écrits. Donc Martin est au cœur d’un moment historique dans l’histoire du cinéma et les débuts de ma carrière furent totalement influencés par les différents états de sa pensée. Il y a donc quelque chose d’objectivement et de personnellement décisif dans le fait d’entreprendre ce texte.

Je dois revoir les deux films de l’ONF de Martin commentateur de McLuhan, mais il me manque les textes plus tardifs sur les nouvelles images. Mais déjà, Hervé m’a communiqué une bibliographie complète.